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Déclaration UE de conformité d’une machine : le modèle annoté, rubrique par rubrique

Les dix rubriques de l’annexe V du règlement 2023/1230 sur une déclaration d’exemple annotée : ce qu’il faut écrire, l’erreur classique, les normes à citer en 2027 et ce qui distingue la déclaration d’incorporation.

Par Elio Schnarrenberger, ingénieur en sécurité des machines

13 minutes de lectureMis à jour le 29 octobre 2026

Sur cette page
  1. 01Ce que la déclaration atteste
  2. 02Le modèle annoté
  3. 03Les normes de la rubrique 7
  4. 04Les textes de la rubrique 6
  5. 05Ce qui change depuis la directive
  6. 06Où va la déclaration, qui la lit
  7. 07La déclaration d’incorporation
  8. 08Les erreurs fréquentes
  9. 09Nos conseils de terrain
  10. 10Questions fréquentes

La déclaration tient sur une page. C’est pour cela qu’on la remplit en dernier, en reprenant celle du projet précédent. C’est pourtant le seul document du dossier que l’utilisateur, l’importateur, le distributeur et l’autorité ont tous entre les mains. Un numéro de série manquant ou une norme sans année s’y voit tout de suite, et en dit long sur le reste du dossier.

Cet article suit le règlement (UE) 2023/1230, applicable à partir du 20 janvier 2027 (art. 54), dans son texte consolidé en français. Il présente une déclaration d’exemple, entièrement fictive, annotée rubrique par rubrique.

Que déclare exactement le fabricant, et à quel moment ?

Il déclare que la conformité est démontrée, pas qu’elle le sera. Le règlement fixe l’ordre : documentation technique et procédure d’évaluation de la conformité d’abord, puis, une fois la conformité démontrée, la déclaration et le marquage CE (art. 10, § 2). Le marquage est apposé avant la mise sur le marché ou la mise en service (art. 24, § 2).

En pratique, la date de la déclaration ne doit donc pas être postérieure à la livraison de la première machine qu’elle couvre. C’est aussi la lecture du guide de la Commission sous la directive. Et la déclaration n’est pas une formalité qu’on rattrape : une déclaration absente ou mal établie figure en toutes lettres parmi les non-conformités formelles que l’État membre exige de faire cesser (art. 46, § 1, d).

Que doit contenir la déclaration, rubrique par rubrique ?

Les dix rubriques de l’annexe V, partie A, dans cet ordre. Le plus simple est de les voir remplies. Voici la déclaration d’une presse pneumatique d’assemblage fictive : un poste de pressage à vérin, un protecteur à porte interverrouillée, une armoire électrique avec automate de sécurité. En marge, ce qu’il faut écrire, et l’erreur que nous retrouvons dans les dossiers.

Une déclaration UE de conformité annotée
Déclaration UE de conformité
N° DUE-PD200-01 · révision 0 · numéro facultatif
  1. 1.
    Machine (produit, type, modèle, numéro de lot ou de série)
    Presse de démonstration, type PD-200, modèle PD-200/S, numéros de série 27-0457 à 27-0480
    À écrire
    Les mêmes désignation, type et numéros que sur la plaque (art. 10, § 5). Une déclaration par modèle peut couvrir une plage de numéros, si chaque machine s’y rattache sans ambiguïté.
    Erreur classique
    « Presse PD-200 » sans numéro : rien ne dit quelles machines la déclaration couvre.
  2. 2.
    Nom et adresse du fabricant et, le cas échéant, de son mandataire
    Exemple SA, rue Fictive 1, 0000 ExemplevilleMandataire : aucun
    À écrire
    La raison sociale et l’adresse postale marquées sur la machine (art. 10, § 6). Le mandataire seulement s’il existe un mandat écrit (art. 12).
    Erreur classique
    L’adresse d’un distributeur ou d’un site de production à la place de celle du fabricant.
  3. 3.
    Machines de levage installées à demeure, assemblées sur le lieu d’utilisation : adresse de ce lieu
    Sans objet
    À écrire
    « Sans objet », sauf pour une machine de levage installée à demeure dans un bâtiment ou une structure, qui ne peut être assemblée que sur place.
    Erreur classique
    Supprimer la rubrique et renuméroter : la déclaration ne se compare plus au modèle.
  4. 4.
    Responsabilité
    La présente déclaration de conformité est établie sous la seule responsabilité du fabricant.
    À écrire
    La phrase du règlement, telle quelle.
    Erreur classique
    Une formule qui partage la responsabilité avec un fournisseur : c’est le fabricant qui l’assume (art. 21, § 4).
  5. 5.
    Objet de la déclaration
    Presse pneumatique d’assemblage : poste de pressage à vérin pneumatique, protecteur avec porte interverrouillée, armoire électrique avec automate de sécurité, accès de télémaintenance.photo
    À écrire
    Ce qui permet d’identifier et de tracer cette machine. Une image en couleur suffisamment claire, si elle aide à l’identifier.
    Erreur classique
    Un texte de catalogue, ou la photo d’une autre variante du modèle.
  6. 6.
    Législation d’harmonisation de l’Union
    L’objet de la déclaration visé au point 5 est conforme à la législation d’harmonisation de l’Union suivante :
    1. Règlement (UE) 2023/1230 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2023 sur les machines (JO L 165 du 29.6.2023, p. 1)
    2. Directive 2014/30/UE, compatibilité électromagnétique (JO L 96 du 29.3.2014, p. 79)
    À écrire
    Chaque acte qui s’applique et impose une déclaration, avec son titre et sa référence de publication (art. 21, § 3). Reprenez le titre complet depuis EUR-Lex.
    Erreur classique
    Citer la directive basse tension 2014/35/UE : pour une machine, ses objectifs passent par l’annexe III, 1.5.1. Ou citer encore la directive 2006/42/CE.
  7. 7.
    Normes harmonisées, spécifications communes ou autres spécifications techniques appliquées
    Autres spécifications techniques, avec leur date :
    1. EN ISO 12100:2010
    2. EN ISO 13849-1:2023
    3. EN ISO 14119:2013
    4. EN ISO 4414:2010
    5. EN 60204-1:2018
    Au titre de la directive 2014/30/UE : normes CEM appliquées, avec leur édition
    À écrire
    Chaque norme avec son édition. Si sa référence est publiée au Journal officiel au titre du règlement, la date de cette publication. Les parties appliquées si l’application est partielle.
    Erreur classique
    « EN ISO 13849-1 » sans année, ou une liste reprise d’un autre projet.
  8. 8.
    Organisme notifié : examen UE de type (module B) suivi du module C, ou module G, ou module H
    Sans objet : la presse ne figure pas à l’annexe I
    À écrire
    Pour une machine de l’annexe I évaluée avec un organisme notifié : son nom, son numéro, la référence de l’attestation d’examen UE de type et le module suivi.
    Erreur classique
    Y citer le laboratoire qui a fait les essais CEM : ce n’est pas une procédure de l’art. 25.
  9. 9.
    Contrôle interne de la fabrication (module A)
    La machine est soumise à la procédure d’évaluation de la conformité sur la base du contrôle interne de la fabrication (module A).
    À écrire
    Cette mention quand le module A est la procédure appliquée : machine hors annexe I (art. 25, § 4), ou annexe I, partie B, aux conditions de l’art. 25, § 3.
    Erreur classique
    Écrire « autocertification » : le fabricant déclare, il ne se délivre aucun certificat.
  10. 10.
    Informations complémentaires et signature
    Notice d’instructions NI-PD200, version 1.0Signé par et au nom de : Exemple SAExempleville, le 15 février 2027Jean Exemple, directeur général[ signature ]
    À écrire
    Au nom de qui, le lieu et la date d’établissement, le nom et la fonction de la personne qui signe. Les informations complémentaires sont libres.
    Erreur classique
    Une date postérieure à la livraison, ou une signature sans nom ni fonction.
Exemple fictif : Exemple SA et sa presse de démonstration n’existent pas. Les intitulés suivent l’annexe V, partie A, du règlement (UE) 2023/1230 ; les mentions des rubriques 4, 6 et 9 reprennent son texte. Les normes de la rubrique 7 sont citées comme autres spécifications : voir plus bas pourquoi.

Deux points que le modèle laisse ouverts. Le numéro de la déclaration est facultatif : une note de l’annexe V le dit. Nous en mettons toujours un, avec un indice de révision, parce qu’une déclaration est « mise à jour en permanence » (art. 21, § 2) et qu’il faut pouvoir dire laquelle accompagnait quelle machine.

La portée de la déclaration ensuite. Sous le module A, le fabricant établit une déclaration « pour chaque modèle », qui précise la machine ou le modèle couvert (annexe VI, point 4.2). Une déclaration peut donc couvrir une série, à condition que chaque machine s’y rattache sans ambiguïté par son numéro de série ou de lot : c’est ce que fait la plage de numéros de l’exemple. Quand le modèle évolue au point de changer les normes appliquées ou l’analyse de risque, on émet une nouvelle révision.

Quelles normes citer en rubrique 7, et avec quelle date ?

Chaque norme appliquée, avec son édition, et son statut exact. Le texte distingue trois cas : les normes harmonisées au sens de l’article 20, § 1, citées avec la date de publication de leur référence au Journal officiel ; les spécifications communes ; les autres spécifications techniques, avec leur date. Une norme appliquée en partie se cite avec les parties appliquées.

Le piège est dans le premier cas. Une norme harmonisée au titre de la directive 2006/42/CE ne l’est pas, de ce seul fait, au titre du règlement : ce sont deux listes de références distinctes au Journal officiel. Dans la liste que nous avons consultée (générée le 30 mars 2026), aucune référence n’était encore publiée au titre du règlement 2023/1230. Vérifiez-la le jour où vous signez.

Notre lecture, tant qu’une norme n’y figure pas : elle ne peut pas être présentée comme norme harmonisée au sens de l’article 20, faute de date de publication à citer. Elle se cite parmi les autres spécifications techniques, avec son édition. C’est ce que fait l’exemple : EN ISO 12100:2010, EN ISO 13849-1:2023, EN 60204-1:2018. Écrire « harmonisée » pour une norme qui ne l’est pas au titre du règlement revendique une présomption de conformité qui n’existe pas.

Une machine soumise à plusieurs textes : que mettre en rubrique 6 ?

Une seule déclaration pour tous les textes. Quand une machine relève de plusieurs actes de l’Union qui imposent une déclaration UE de conformité, le fabricant n’en établit qu’une, qui mentionne les titres de ces actes et les références de leur publication (art. 21, § 3). Deux déclarations séparées, l’une « machines », l’autre « CEM », ne répondent plus au texte.

Encore faut-il savoir lesquels s’appliquent. Le tableau ci-dessous donne les questions que nous posons sur chaque machine. Il ne remplace pas la lecture du champ d’application de chaque texte, et la liste n’est pas exhaustive.

Les autres textes de l’Union à examiner avant de remplir la rubrique 6
TexteLa question à se poserEn rubrique 6 ?
Directive 2014/30/UE (CEM)La machine contient-elle de l’électronique qui peut perturber ou être perturbée ?Oui, si elle s’applique
Directive 2014/53/UE (équipements radio)Un module radio est-il intégré : Wi-Fi, Bluetooth, réseau mobile, télécommande ?Oui, si elle s’applique
Directive 2014/34/UE (ATEX)La machine est-elle destinée à une atmosphère explosible ?Oui, si elle s’applique
Directive 2014/68/UE (équipements sous pression)Un équipement dépasse-t-il les seuils de pression et de volume ?Oui, si elle s’applique
Directive 2011/65/UE (RoHS)La machine est-elle un équipement électrique, ou relève-t-elle d’une exclusion ?À analyser au cas par cas
Directive 2000/14/CE (bruit)La machine est-elle destinée à fonctionner en plein air ?Oui, si elle s’applique
Directive 2014/35/UE (basse tension)La machine est alimentée en électricité.Non : annexe III, 1.5.1

La dernière ligne est la plus souvent fausse. Pour une machine, l’annexe III, 1.5.1 dit que les objectifs de sécurité de la directive 2014/35/UE s’appliquent, mais que l’évaluation de la conformité et la mise sur le marché, pour les dangers électriques, sont régies exclusivement par le règlement machines. La directive basse tension n’a donc rien à faire dans la déclaration d’une machine. Les dangers électriques se traitent dans l’analyse de risque, sous l’exigence 1.5.1.

Qu’est-ce qui change par rapport à la déclaration CE de la directive ?

Le nom, la structure et plusieurs rubriques. Un modèle Word qui porte encore le titre « déclaration CE » ou les rubriques de l’annexe II de la directive est à refaire, pas à retoucher.

Déclaration CE de conformité (directive 2006/42/CE) et déclaration UE de conformité (règlement (UE) 2023/1230)
SujetDirective 2006/42/CE, annexe IIRèglement 2023/1230, annexe V
Le titreDéclaration CE de conformitéDéclaration UE de conformité
Personne autorisée à constituer le dossier techniqueNom et adresse obligatoires, personne établie dans l’UnionPlus de rubrique
Machine substantiellement modifiéeNon prévue dans le modèlePrévue dès la rubrique 1
Lieu d’utilisationNon prévuRubrique 3, pour certaines machines de levage installées à demeure
Image de la machineNon prévuePossible en rubrique 5, en couleur
Normes appliquéesLe cas échéant, référence des normes harmoniséesAvec la date de publication de la référence au JO, et les parties appliquées si l’application est partielle
Procédure d’évaluationOrganisme notifié de l’examen CE de type (annexe IX) ou de l’assurance qualité (annexe X)Modules nommés : B + C, G ou H avec organisme notifié, ou module A
Plusieurs textes applicablesUne déclaration commune possibleUne seule déclaration, obligatoire (art. 21, § 3)

La disparition de la personne autorisée à constituer le dossier technique surprend le plus. Rien n’interdit de la laisser en informations complémentaires, mais le modèle du règlement ne la demande plus. Les tâches que le fabricant confie à un mandataire, elles, passent par un mandat écrit (art. 12).

Le cas qui va concerner le plus de fabricants est celui de la machine fabriquée en série depuis des années. Ce qui compte est la date de mise sur le marché de chaque machine : une machine mise sur le marché avant le 20 janvier 2027 selon la directive peut continuer à être mise à disposition (art. 52, § 1). Une machine du même modèle mise sur le marché à partir de cette date relève du règlement, avec un dossier mis à jour et une déclaration UE établie selon l’annexe V. Le détail est dans le règlement 2023/1230 et les fabricants suisses.

Où va la déclaration, dans quelle langue, et qui la lit ?

Elle accompagne la machine, sur papier ou sous forme numérique. Le fabricant joint la déclaration, ou bien il donne dans la notice d’instructions l’adresse internet ou le code lisible par machine qui y mène (art. 10, § 8). La notice doit d’ailleurs contenir l’un ou l’autre (annexe III, 1.7.4.2, point 1 c). Une déclaration numérique reste en ligne pendant la durée de vie prévue de la machine et, quoi qu’il arrive, au moins dix ans après sa mise sur le marché ou sa mise en service.

Elle est traduite dans la ou les langues requises par l’État membre où la machine est mise sur le marché, mise à disposition ou mise en service (art. 21, § 2). Et le fabricant la tient à la disposition des autorités, avec la documentation technique, au moins dix ans (art. 10, § 3).

Qui lit la déclaration, à quel moment
Le fabricant établit et signeart. 10, § 2 · art. 21, § 4
  1. L’utilisateurÀ la livraisonReçoit la déclaration avec la machine, ou l’adresse internet ou le code qui y mène, dans la notice.art. 10, § 8 · annexe III, 1.7.4.2, point 1 c)
  2. L’importateurAvant la mise sur le marchéS’assure que l’article 10, § 8, est respecté, puis garde une copie de la déclaration dix ans.art. 13, § 2 et § 8
  3. Le distributeurAvant la mise à dispositionVérifie que la machine est accompagnée de la déclaration, en plus du marquage CE et de la notice.art. 15, § 2, b)
  4. L’intégrateurQuand il incorpore la machineVerse une copie de la déclaration dans le dossier technique de la machine finale ou de l’ensemble.annexe IV, partie A, point k)
  5. L’autorité de surveillancePendant au moins dix ansPeut la demander au fabricant. Une déclaration absente ou mal établie est une non-conformité formelle.art. 10, § 3 · art. 46, § 1, d)
Un seul document, cinq lecteurs aux intérêts différents : c’est pourquoi une rubrique approximative se voit toujours quelque part. Règlement (UE) 2023/1230, articles 10, 13, 15 et 46, annexes III et IV.

La plaque et la déclaration doivent dire la même chose. La désignation, le type, le numéro de série et l’année de construction marqués sur la machine (art. 10, § 5), le nom et l’adresse du fabricant (art. 10, § 6) se retrouvent en rubriques 1 et 2. Le marquage CE, lui, est apposé de manière visible, lisible et indélébile ; il est suivi du numéro de l’organisme notifié quand la procédure en a fait intervenir un (art. 24, § 1 et § 3). C’est ce même organisme qui figure en rubrique 8.

En quoi la déclaration UE d’incorporation est-elle différente ?

Elle déclare autre chose. Une quasi-machine ne reçoit ni déclaration UE de conformité ni marquage CE au titre du règlement machines, mais une déclaration UE d’incorporation, établie selon l’annexe V, partie B (art. 11, § 2, et art. 22). Elle n’atteste pas que la quasi-machine est conforme dans son ensemble : elle dit quelles exigences essentielles ont été appliquées et remplies. Les deux modèles se ressemblent, et c’est ce qui trompe.

Déclaration UE de conformité et déclaration UE d’incorporation
Machineannexe V, partie A
Quasi-machineannexe V, partie B
  1. Identification
    A1 · A5Machine, type, modèle, lot ou série ; objet, photo possible
    B1 · B4Quasi-machine, type, modèle, lot ou série ; objet, photo possible
  2. Fabricant et responsabilité
    A2 · A4Nom, adresse, mandataire ; seule responsabilité du fabricant
    B2 · B3Nom, adresse, mandataire ; seule responsabilité du fabricant
  3. Lieu de montage
    A3Machines de levage installées à demeure : adresse du lieu
    —pas de rubrique
  4. Ce qui est déclaré
    A6Conforme à la législation d’harmonisation citée
    B5Quelles exigences essentielles de l’annexe III sont appliquées et remplies ; documentation établie selon l’annexe IV, partie B
  5. Normes appliquées
    A7Avec la date de publication de la référence au Journal officiel
    B6Avec la date de la norme ou de la spécification commune
  6. Procédure d’évaluation
    A8 · A9Organisme notifié et modules B + C, G, H ; ou module A
    —pas de rubrique
  7. Engagement envers les autorités
    —pas de rubrique
    B7Transmettre les informations pertinentes sur demande motivée, et comment
  8. Mise en service
    —pas de rubrique
    B8Pas de mise en service avant que la machine finale ait été déclarée conforme
  9. Signature
    A10Signé par et au nom de, lieu, date, nom, fonction
    B9Signé par et au nom de, lieu, date, nom, fonction
En jaune, les rubriques qui n’ont pas d’équivalent de l’autre côté, ou qui demandent autre chose. Règlement (UE) 2023/1230, articles 21 et 22, annexe V, parties A (dix rubriques) et B (neuf rubriques).

Pour l’intégrateur, la rubrique B5 est la seule qui compte vraiment. Un robot livré sans cellule, sans outil ni protecteurs, dont la déclaration d’incorporation ne couvre que les exigences propres au bras : tout le reste, l’intégrateur le traite dans sa propre analyse de risque. C’est lui qui devient le fabricant de la machine finale et qui signe sa déclaration UE de conformité. Il verse les déclarations d’incorporation et les notices d’assemblage des quasi-machines incorporées dans son dossier technique (annexe IV, partie A, point j).

Une déclaration d’incorporation se diffuse comme une déclaration de conformité : jointe, ou accessible par l’adresse ou le code donnés dans la notice d’assemblage, en ligne au moins dix ans (art. 11, § 8). La distinction entre les deux statuts est traitée dans machine ou quasi-machine.

Quelles erreurs retrouve-t-on le plus souvent ?

  • Une déclaration recopiée du projet précédent : ancien type, ancienne plage de numéros, normes d’une autre machine.
  • Des normes sans édition, ou présentées comme harmonisées alors qu’aucune référence n’est publiée au titre du règlement.
  • La directive basse tension en rubrique 6. Pour une machine, elle passe par l’annexe III, 1.5.1.
  • Un modèle resté sur la directive : titre « déclaration CE », renvoi à 2006/42/CE, rubriques de l’annexe II.
  • Une déclaration UE de conformité émise pour une quasi-machine, avec un marquage CE sur la plaque. Elle relève de la déclaration d’incorporation.
  • Une signature sans nom ni fonction, ou une date postérieure à la livraison.

Nos conseils de terrain

  • Établissez la déclaration à partir du dossier, jamais l’inverse. Les rubriques 1, 6 et 7 sont des extraits du dossier technique. Une saisie en double finit toujours par diverger.
  • Numérotez et révisez. Un numéro de déclaration, un indice de révision et la plage de numéros de série couverte : c’est ce qui permet de répondre, des années plus tard, à la question « quelle déclaration accompagnait cette machine ? ».
  • Relisez la rubrique 7 le jour de la signature. Une liste de références au Journal officiel bouge : une nouvelle publication peut changer le statut d’une norme que vous citez.
  • Côté intégrateur, exigez les documents à la commande : déclaration d’incorporation et notice d’assemblage de chaque quasi-machine, déclarations UE des machines et composants incorporés. Les recevoir à la livraison, c’est découvrir trop tard les exigences que le fournisseur n’a pas couvertes.
  • Faites relire la rubrique 6 par quelqu’un qui n’a pas monté le dossier. Un module radio ajouté en cours de projet se voit mieux avec un regard neuf.

Questions fréquentes

Que doit contenir la déclaration UE de conformité d’une machine ?

Les dix rubriques de l’annexe V, partie A, du règlement (UE) 2023/1230 : la machine et ses numéros de lot ou de série, le fabricant et son éventuel mandataire, le lieu d’utilisation pour certaines machines de levage, la mention de seule responsabilité du fabricant, l’objet de la déclaration, les textes de l’Union respectés, les normes ou spécifications appliquées avec leur date, l’organisme notifié ou le module A, puis la signature avec le lieu et la date.

Quelle différence entre déclaration CE et déclaration UE de conformité ?

La déclaration CE relève de la directive 2006/42/CE (annexe II). La déclaration UE relève du règlement (UE) 2023/1230 (annexe V, partie A) pour les machines mises sur le marché à partir du 20 janvier 2027. Le modèle change : plus de personne autorisée à constituer le dossier technique, des modules d’évaluation nommés, la date de publication au Journal officiel pour les normes harmonisées, et une seule déclaration pour tous les textes applicables.

Faut-il citer la directive basse tension dans la déclaration d’une machine ?

Non. Selon l’annexe III, point 1.5.1, du règlement (UE) 2023/1230, les objectifs de sécurité de la directive 2014/35/UE s’appliquent aux machines, mais l’évaluation de la conformité et la mise sur le marché pour les dangers électriques sont régies exclusivement par le règlement machines.

Une machine soumise à plusieurs textes a-t-elle plusieurs déclarations ?

Non. Le fabricant établit une seule déclaration UE de conformité pour tous les actes de l’Union qui en imposent une, avec leurs titres et leurs références de publication (article 21, paragraphe 3, du règlement (UE) 2023/1230).

La déclaration de conformité peut-elle être fournie sous forme numérique ?

Oui. La notice d’instructions peut donner l’adresse internet ou le code lisible par machine qui y mène. La déclaration reste alors en ligne pendant la durée de vie prévue de la machine et au moins dix ans après sa mise sur le marché ou sa mise en service (article 10, paragraphe 8).

Qui signe la déclaration UE de conformité ?

Une personne qui engage le fabricant, ou son mandataire si le mandat le prévoit. La déclaration indique au nom de qui elle est signée, le lieu et la date d’établissement, le nom et la fonction du signataire (annexe V, partie A, rubrique 10). En l’établissant, le fabricant assume la responsabilité de la conformité de la machine (article 21, paragraphe 4).

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